La Révolution et le Royaume Anglo-Corse

La Révolution et le Royaume Anglo-Corse
En juillet 1790, les révolutionnaires français autorisent le retour de Pascal Paoli sur le territoire insulaire. En septembre, il est élu commandant en chef des gardes nationales Corses, puis président du conseil général du département. En juin 1791, une émeute religieuse éclate à Bastia, après la déposition de l'évêque qui refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Paoli la réprime et, en 1792, transfère le chef-lieu à Corte, s'attirant ainsi l'hostilité des Jacobins Corses, dont Christophe Saliceti et les frères Bonaparte.

Le 1er février 1793, la Convention décide d'envoyer trois commissaires (dont Saliceti) en Corse pour surveiller la conduite de Pascal Paoli. Le même mois, ce dernier est tenu pour responsable de l'échec d'une expédition contre la Sardaigne à laquelle participait Napoléon Bonaparte. Le 2 avril, la Convention décrète son arrestation, ainsi que celle de Charles André Pozzo di Borgo: Lucien Bonaparte les accuse de despotisme. Face aux menaces des Paolistes, les commissaires en Corse depuis le 5 avril, hésitent cependant à exécuter l'ordre. Fin mai, une consulte à Corte condamne le gouvernement français et proclame Paoli Père de la Patrie. Ses partisans s'imposent à Ajaccio et saccagent la maison Bonaparte. Avec l'appui de Napoléon Bonaparte, les commissaires tentent d'attaquer Ajaccio par la mer, ce qui se solde par un échec.

En juillet, la Convention met Paoli et Pozzo di Borgo hors la loi, alors que la milice Paolienne tient les troupes républicaines enfermées à Calvi, Saint-Florent et Bastia. Paoli cherche appui auprès des Britanniques qui envoient Sir Gilbert Elliot, accompagné de conseillers militaires, en janvier 1794. Bientôt, des forces britanniques assiègent et occupent Saint-Florent (février), Bastia (avril-mai), et Calvi (juin-août). Les patriotes et les députés, réunis en consulte à Corte le 10 juin 1794, proclament le Royaume Anglo-Corse, promulgue sa Constitution et élèvent Paoli au rang de Babbu di a Patria (Père de la Patrie).

Pourtant, Sir Gilbert est désigné vice-roi, au mécontentement de Paoli. Ce dernier soulèvera alors une émeute en 1795 dirigée contre Sir Gilbert et Pozzo di Borgo. Mais il est rappelé en Grande-Bretagne où il s'exile le 13 octobre 1795. En avril 1796, des émeutes provoquées par le parti républicain éclatent, Sir Gilbert reçoit l'ordre d'évacuer la Corse. Des troupes de l'armée napoléonienne d'Italie occupent par la suite l'île sans rencontrer d'opposition.
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# Posté le jeudi 26 juillet 2007 05:43

Premier Empire

Premier Empire
En 1796, la Corse est divisée en deux départements, le Golo et le Liamone, dont l'organisation est confiée à Christophe Saliceti. En 1798, le clergé déclenche la Révolte de la Crocetta dans le nord de l'île. En décembre, une coalition de Corses exilés, royalistes, Paolistes et pro-britanniques, suscitent un soulèvement au Fiumorbo avec l'appui de la Sardaigne et de la Russie. Les répressions sont sévéres.

En 1801, Napoléon suspend la Constitution en Corse. Il y envoie Miot de Melito comme administrateur général. Celui-ci mettra en place des concessions fiscales, les Arrêtés Miot. Ensuite, le général Morand gouverne l'île avec une dureté. Le Décret impérial mis en place en 1810 permet de nouveaux dégrèvements fiscaux. Puis l'île est réunie en un seul département, avec Ajaccio pour le chef-lieu. Le général Morand est alors remplacé par le général César Berthier, frère du futur Louis-Alexandre Berthier, maréchal.

L'exil de Napoléon à l'île d'Elbe provoquera des réjouissances à Ajaccio. Bastia accueillera alors des troupes britanniques commandées par le général Montrésor. En mars et avril 1815, des agents de Napoléon envoyés de l'île d'Elbe réussissent à s'imposer en Corse. Durant les Cent-Jours, l'île est administrée jusqu'à Waterloo par le Duc de Padoue. En février 1816, a lieu un dernier soulèvement Bonapartiste, la guerre du Fiumorbo, mené par le Commandant Poli. Malgré leur importance et leur résolution, et après une farouche résistance, les partisans de Napoléon, pourtant invaincus, mais assurés de l'amnistie général, quittent la Corse.
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# Posté le jeudi 26 juillet 2007 05:47

Époque contemporaine

Première Guerre mondiale:Les Corses font preuve d'enthousiasme lors de la mobilisation. Parmi les quelques 40 000 mobilisés, on compte de nombreux engagés volontaires. La Corse est le seul département français à mobiliser des pères de famille comptant six enfants. L'île est privée de main d'œuvre. Le patriotisme ne faiblit pas malgré le retour des premiers blessés (septembre 1914) à bord du Numidia. Parmi les combattant corses de la Marne, de Verdun et des autres batailles meurtrières, se sont illustrés : le 173e régiment de ligne, le général Grossetti et les aviateurs Jean Casale et Marius Ambrogi. En 1918, le torpillage du Balkan, en août, au large de Calvi, entraîne la mort de plus de 500 personnes.

L'arrivée irrégulière des bateaux entraîne de graves problèmes de ravitaillement : le pain, le sucre, le pétrole sont rationnés. La pénurie est aggravée par l'hébergement de 2 000 prisonniers de guerre allemands, cantonnés dans les couvents et pénitenciers, puis utilisés comme mains-d'œuvre dans les campagnes. De plus, la Corse devient une terre d'asile pour les réfugiés (4 000 Serbes et Syriens). Pour subvenir aux besoins de la population, les terres abandonnées à la friche sont remises en culture suivant les pratiques traditionnelles. En septembre 1918, la grippe espagnole ravage certains villages et oblige le préfet à prendre des mesures pour limiter l'épidémie (cercueil plombé, ensevelissement profond).

L'armistice est accueilli dans l'allégresse et l'anxiété du retour des blessés. Des souscriptions permettent d'élever des monuments en l'honneur des 15 000 morts dans les moindres villages. En 1933, la Borne de la Terre Sacrée est inaugurée à Ajaccio. Cependant, en plus des pertes humaines, les départs massifs ou le refus des anciens combattants de rentrer au pays marquent la vitalité de l'île, ce qui accentue le déclin économique.
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# Posté le samedi 04 août 2007 09:18

Seconde Guerre mondiale

Le 30 novembre 1938, l'Italie fasciste prétend annexer Nice, la Savoie et la Corse. Le célèbre et pathétique serment de Bastia du 4 décembre 1938, prononcé par Jean Baptiste Ferracci devant 20 000 personnes lui répond en réaffirmant l'attachement de la Corse à la France et le rejet de l'irrédentisme mussolinien : « face au monde, de toute notre âme, sur nos gloires, sur nos tombes, sur nos berceaux, nous jurons de vivre et de mourir français.» Dés le lendemain des comités antifascistes sont créés à Ajaccio et Bastia. À Paris les étudiants corses défilent aux cris de La Corse contre le fascisme !, À mort Mussolini !. Après la défaite et l'armistice du 22 juin 1940, la Corse est rattachée à la zone libre jusqu'en 1942. L'autorité du Régime de Vichy se met en place et la propagande irrédentiste s'amplifie. Deux réseaux de résistance essaient de s'organiser :

* le Front National créé par Henri Maillot et Arthur Giovonni, proche du parti communiste ;
* le réseau R2 Corse, en liaison avec les Français libres du Général De Gaulle et dirigé par Fred Scamaroni. Ce dernier établit les premiers contacts avec Londres dès 1941. Dans sa tentative d'unification des mouvements, il est capturé, torturé et se suicide le 19 mars 1943.

L'unification sera menée à bien par Paulin Colonna d'Istria.

A la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, l'Allemagne occupe le 11 novembre 1942 la zone libre, rompant l'armistice de 1940. Le même jour, les troupes italiennes occupent la Corse, à raison de 85 000 soldats pour 220 000 habitants. En juin 1943, s'y joindront 12000 Allemands. Un occupant pour deux habitants, jusque dans le moindre village, réquisitionnent des maisons et une partie du ravitaillement. Le 14 novembre, le préfet rappelle la souveraineté française et qualifie les troupes d'opération de troupes d'occupation.

La contre-propagande active (tracts sur ronéo, journaux clandestins) apporte le soutien de la population, ce qui permet à certains patriotes de se cacher dans le maquis. À partir du printemps 1943, la résistance est aidée depuis Alger par la France libre : de l'armement est acheminé par parachutage et par les missions du sous-marin Casabianca. Attentats et coups de mains contre les Italiens engendrent arrestations et exécutions (notamment Jules Mondoloni, Jean Nicoli, etc.).

Le 3 septembre, un armistice, rendu public le 8, est signé entre l'Italie et les Anglo-Américains. Les Allemands se renforcent à Bastia pour assurer l'évacuation vers l'Italie de leurs troupes de Sardaigne, en remontant la Corse de Bonifacio à Bastia. Le 8 septembre 1943, les Corses se soulèvent. Le commandant Colonna d'Istria envoie un ultimatum au général Magli commandant les troupes d'occupation italiennes en Corse, le sommant de choisir son camp. Ce dernier, après quelques hésitations, choisira définitivement le camp des alliés à partir du 11. Le Comité de libération occupe la préfecture d'Ajaccio et contraint le préfet de Vichy de signer le ralliement de la Corse à la France Libre. A Bastia, les Italiens ouvrent le feu contre des avions et des navires allemands. Le 9, les résistants corses, appuyés par les divisions italiennes Cremona et Friuli, neutralisent les éléments fascistes. A partir du 11, le général Giraud envoie de son propre chef des bataillons de choc commandés par Gambiez augmentés de renfort reposant sur plusieurs milliers de goumiers et tirailleurs marocains. Il en informe le CFLN qui est réservé sur cette initiative, craignant le noyautage de l'île par les communistes du mouvement Front National. Le général Giraud paiera son appui à l'insurrection de la perte de la co-présidence du CFLN. Le 17, le général Henry Martin rencontre le général italien Magli à Corte afin de coordonner les mouvements des troupes alliées et italiennes. Le 21, Giraud arrive en Corse. Sartène est définitivement libérée le 22. Le 23, les troupes de chocs et les patriotes atteignent Porto-Vecchio. Les troupes marocaines joueront un rôle déterminant en prenant le col de San Stefano le 30 septembre puis le col de Teghime le 3 octobre[1]. Ils rejoignent ensuite les patriotes pour harceler les troupes allemandes le long de la plaine orientale. Ces dernières détruisent ponts routiers et chemin de fer pour protéger leur retraite et, dans la nuit du 3 au 4 octobre, évacuent Bastia. A 5 heures du matin, le capitaine Then entre dans Bastia, à la tête du 73ème goum du 6ème tabor. Le 5 octobre, la Corse est le quatrième département français libéré (après ceux d'ALGER-ORAN-CONSTANTINE), et ce par l'action des patriotes corses, des italiens et des éléments de l'Armée d'Afrique, sans intervention des Anglo-américains, qui, à la même époque, débarquent en Italie. La Corse recevra la visite du général de Gaulle le 8 octobre. L'île devient une base pour la poursuite des opérations en Italie puis pour le débarquement en Provence (août 1944).
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# Posté le samedi 04 août 2007 09:19

La Guerre d'Algérie

À partir de 1957, 15 000 à 20 000 rapatriés venus d'Afrique du Nord se sont installés en Corse, soit environ 9% de la population autochtone. La plupart d'entre eux étaient d'anciens Corses. Partis travailler dans les colonies, ils revenaient sur leur île. Les évènement d'Aleria sont notamment liés à la présence Pied-Noir.

ps:je voudrais aussi dire que mon gnd-père à participer à cette guerre,et,une bobe à exploser juste à coté de lui.Il en est revenu vivant,et ça seule llessure fût un timpant crevé.
C'est tout lol.

# Posté le samedi 04 août 2007 09:22